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La centrale nucléaire de Tchernobyl serait coupée d’électricité.

La cen­trale nucléaire de Tch­er­nobyl et toutes les instal­la­tions de la zone d’ex­clu­sion de Tch­er­nobyl ont été com­plète­ment décon­nec­tées et sont désor­mais sans élec­tric­ité, a annon­cé la com­pag­nie énergé­tique publique ukrainienne.

Les forces russ­es ont attaqué l’an­ci­enne instal­la­tion nucléaire le tout pre­mier jour de l’in­va­sion (24 févri­er), s’en empara­nt après de vio­lents com­bats et prenant en otage ses quelque 210 employés, a précédem­ment rap­porté Live Sci­ence. Main­tenant que la cen­trale a été décon­nec­tée du réseau élec­trique, les quelque 20 000 unités de com­bustible nucléaire usé con­servées dans les réser­voirs de refroidisse­ment de la cen­trale ne béné­ficieront plus d’un refroidisse­ment actif.

Les respon­s­ables ukrainiens ont aver­ti que cela pour­rait aug­menter la prob­a­bil­ité d’é­va­po­ra­tion et de rejet de matières nucléaires et don­ner une dose dan­gereuse de matières radioac­tives au per­son­nel de la cen­trale. Cer­tains experts en énergie nucléaire ont cepen­dant aver­ti que, comme les bar­res de com­bustible usé ont main­tenant 22 ans et sont beau­coup plus froides qu’elles ne l’é­taient, cet événe­ment est peu probable.

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“Les bar­res de com­bustible usé ont au moins 22 ans. Elles ont très peu de chaleur à dis­siper”, a écrit Mark Nel­son, directeur général du Radi­ant Ener­gy Fund, qui con­seille les entre­pris­es et les organ­i­sa­tions à but non lucratif sur l’én­ergie nucléaire, a écrit sur Twitter.

“Leur chaleur est suff­isam­ment basse pour que les experts à qui j’ai par­lé s’at­ten­dent à ce que des semaines, voire des mois, chauf­fent suff­isam­ment l’eau pour asséch­er la piscine. Même dans ce cas, la cir­cu­la­tion naturelle de l’air devrait être suffisante.”

Le Ser­vice d’É­tat ukrainien des com­mu­ni­ca­tions spé­ciales et de la pro­tec­tion de l’in­for­ma­tion de l’Ukraine (SSSCIP) a imputé la panne de courant aux “dom­mages causés par les occu­pants”, bien qu’il n’y ait pas encore eu de véri­fi­ca­tion indépen­dante de la cause.

Le min­istre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kule­ba, a déclaré que les généra­teurs diesel de réserve de la cen­trale de Tch­er­nobyl avaient une capac­ité de 48 heures et a appelé à un cessez-le-feu pour rétablir l’électricité.

Pen­dant ce temps, des respon­s­ables de l’A­gence inter­na­tionale de l’én­ergie atom­ique (AIEA) de l’ONU ont exprimé leur inquié­tude crois­sante pour le bien-être du per­son­nel de Tch­er­nobyl, qui a été retenu en otage à la cen­trale pen­dant deux semaines. Les tra­vailleurs quit­taient générale­ment l’u­sine radioac­tive après la fin des heures de tra­vail, mais ils sont main­tenant oblig­és de vivre sur le site.

Les sys­tèmes mis en place pour sur­veiller les matières nucléaires dans les instal­la­tions de déchets radioac­t­ifs de Tch­er­nobyl ont cessé de trans­met­tre des don­nées au chien de garde nucléaire de l’ONU mar­di 8 mars.

Les garanties sont les mesures tech­niques que l’AIEA utilise pour suiv­re les matières nucléaires et s’as­sur­er qu’elles ne tombent pas entre de mau­vais­es mains. Avec ceux-ci hors ligne, l’a­gence n’a aucun moyen de con­naître l’emplacement des matières nucléaires de la cen­trale, ce qui aug­mente la pos­si­bil­ité qu’elles puis­sent tomber entre de mau­vais­es mains.

L’AIEA a déclaré dans un com­mu­niqué que “la trans­mis­sion à dis­tance des don­nées des sys­tèmes de sur­veil­lance des garanties instal­lés à la cen­trale nucléaire de Tch­er­nobyl avait été per­due” et que si les tra­vailleurs ont “un accès lim­ité à la nour­ri­t­ure et à l’eau, et aux médica­ments”, la “sit­u­a­tion pour le le per­son­nel se détériorait.”

Le per­son­nel de l’in­stal­la­tion est chargé de déclass­er le site et d’as­sur­er l’élim­i­na­tion sûre des matières radioac­tives à l’in­térieur des anciens réac­teurs de la cen­trale. Cepen­dant, depuis l’oc­cu­pa­tion russe de Tch­er­nobyl, ces travaux ont été sus­pendus. Avant la panne de courant, les tra­vailleurs ne pou­vaient être con­tac­tés que par e‑mail.

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