NEWS: YEMEN
Le pays a besoin de 4,3 milliards de dollars pour lutter contre la faim selon l’ONU.

Trois Yéménites sur qua­tre dépen­dront de l’aide ali­men­taire en 2022, ont déclaré des respon­s­ables des Nations Unies (ONU) avant une con­férence d’an­nonce de con­tri­bu­tions de haut niveau qui vise à col­lecter des fonds pour le pays déchiré par la guerre.

L’ONU a souligné que 4,3 mil­liards de dol­lars sont néces­saires pour remédi­er aux pénuries ali­men­taires du Yémen cette année et empêch­er 19 mil­lions de per­son­nes de souf­frir de la faim, et elle espère que les par­tic­i­pants à la con­férence attein­dront cet objec­tif mer­cre­di à Genève.

“Pour l’in­stant, les finance­ments se taris­sent et les agences arrê­tent leur tra­vail au Yémen”, a déclaré mar­di le secré­taire général adjoint de l’ONU aux affaires human­i­taires, Mar­tin Grif­fiths. “Nous devons recon­stituer l’ap­pro­vi­sion­nement ali­men­taire, fournir des abris et envoy­er un mes­sage aux Yéménites que nous ne les oublions pas.”

Les respon­s­ables ont décrit une cat­a­stro­phe immi­nente dans ce pays du Moyen-Ori­ent, qui entre dans sa sep­tième année de conflit.

Les com­bats opposent les rebelles houthis alliés à l’I­ran, qui con­trô­lent bon nom­bre des régions les plus peu­plées du pays, dont la cap­i­tale Sanaa, au gou­verne­ment yéménite inter­na­tionale­ment recon­nu. Une coali­tion dirigée par l’Ara­bie saou­dite sou­tient le gou­verne­ment yéménite et mène une cam­pagne aéri­enne con­tre les Houthis depuis mars 2015.

Au début de l’an­née, le Pro­gramme ali­men­taire mon­di­al (PAM) des Nations Unies a été con­traint de réduire les rations ali­men­taires de huit mil­lions de per­son­nes en rai­son d’un manque de finance­ment, les ménages rece­vant à peine la moitié du panier ali­men­taire min­i­mum quo­ti­di­en stan­dard du PAM. Aujour­d’hui, la pénurie de fonds fait courir à cinq mil­lions de per­son­nes le risque de som­br­er dans des con­di­tions proches de la famine

Grif­fiths, l’an­cien envoyé spé­cial de l’ONU au Yémen, a déclaré que la sit­u­a­tion human­i­taire désas­treuse au Yémen pour­rait s’ag­graver, car les impor­ta­tions de blé en prove­nance d’Ukraine, qui four­nit env­i­ron 40 % des céréales du Yémen, pour­raient s’arrêter.

“L’Ukraine est un gre­nier à blé pour de nom­breux pays et doit le rester”, a déclaré Grif­fiths, met­tant en garde con­tre les effets d’en­traîne­ment que la guerre russe con­tre l’Ukraine pour­rait avoir sur d’autres zones de con­flit qui dépen­dent de la pro­duc­tion de blé du pays.

Dans un rap­port pub­lié lun­di, le PAM de l’ONU, son Organ­i­sa­tion pour l’al­i­men­ta­tion et l’a­gri­cul­ture (FAO) et son Fonds des Nations Unies pour l’en­fance (UNICEF) ont aver­ti que la sit­u­a­tion human­i­taire au Yémen est sur le point de s’ag­graver entre juin et décem­bre 2022.

Quelque 19 mil­lions de per­son­nes devraient avoir besoin d’une aide ali­men­taire, une aug­men­ta­tion par rap­port aux 17,4 mil­lions actuels. Par­mi ceux-ci, 7,3 mil­lions de per­son­nes seront con­fron­tées à des niveaux de faim d’urgence.

Le rap­port mon­tre égale­ment un niveau élevé et per­sis­tant de mal­nu­tri­tion aiguë chez les enfants de moins de cinq ans. Dans tout le pays, quelque 2,2 mil­lions d’en­fants souf­frent de mal­nu­tri­tion aiguë, dont plus d’un demi-mil­lion d’en­fants souf­frant de mal­nu­tri­tion aiguë sévère, une mal­adie poten­tielle­ment mortelle.

En out­re, env­i­ron 1,3 mil­lion de femmes enceintes ou allai­tantes souf­frent de mal­nu­tri­tion aiguë. De nou­velles don­nées mon­trent égale­ment que le nom­bre de per­son­nes en sit­u­a­tion de famine devrait quin­tu­pler, pas­sant de 31 000 actuelle­ment à 161 000 au sec­ond semes­tre 2022.

“La paix est néces­saire pour met­tre fin au déclin”, a déclaré mar­di le coor­di­na­teur rési­dent et human­i­taire des Nations Unies pour le Yémen, David Gress­ly, dans un com­mu­niqué. « Les par­ties au con­flit devraient lever toutes les restric­tions sur le com­merce et l’in­vestisse­ment pour les pro­duits non sanc­tion­nés. Cela con­tribuera à faire baiss­er les prix des den­rées ali­men­taires et à libér­er l’économie.

L’é­conomie du Yémen s’est effon­drée au milieu d’un blo­cus de la coali­tion dirigée par l’Ara­bie saou­dite de ses prin­ci­paux ports, qui lim­ite l’ac­cès à la nour­ri­t­ure et au car­bu­rant, ain­si qu’aux pro­duits non essen­tiels entrant dans le pays. Les par­ties au con­flit, dont les Houthis et le gou­verne­ment yéménite, ont égale­ment restreint le trans­fert de car­bu­rant et de marchan­dis­es à tra­vers le pays.

Les prix des den­rées ali­men­taires ont plus que dou­blé en 2021, alors qu’au cours de la même péri­ode, de nom­breux salaires n’ont pas été payés et que les envois de fonds ont stag­né en rai­son du COVID-19.

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