SANTE: Un médicament populaire contre la dysfonction érectile atténue les symptômes d’une maladie pulmonaire

Vous serez peut-être sur­pris d’ap­pren­dre que le médica­ment Silde­nafil, plus con­nu sous le nom de Via­gra, a d’autres usages médi­caux que le traite­ment des trou­bles de l’érec­tion chez l’homme. Il peut égale­ment être util­isé pour traiter les mal­adies pul­monaires, dont le pronos­tic est sou­vent mauvais.

Le sildé­nafil agit en inhibant une enzyme appelée phosphodiestérase.

Le sildé­nafil agit par le biais d’une voie com­plexe impli­quant d’autres molécules, pour finale­ment déten­dre les mus­cles liss­es et dilater les vais­seaux san­guins. Ce dernier effet est con­nu sous le nom de vasodilatation.

La vasodi­lata­tion entraîne une aug­men­ta­tion du flux san­guin vers les organes, aus­si bien le pénis que les poumons.

La vasodi­lata­tion par le sildé­nafil peut être béné­fique dans les mal­adies pul­monaires telles que l’hy­per­ten­sion artérielle pul­monaire (HTAP) et la fibrose pul­monaire idiopathique (FPI).

Les per­son­nes atteintes d’H­TAP et de FPI présen­tent un essouf­fle­ment pro­gres­sif et une toux chronique. Out­re les poumons, l’H­TAP et la FPI peu­vent affecter de nom­breux autres sys­tèmes organiques.

L’HTAP est une mal­adie dans laque­lle une pres­sion élevée est appliquée aux artères des poumons, qui sont nor­male­ment conçues pour une pres­sion plus faible, ce qui entraîne des dif­fi­cultés res­pi­ra­toires et une ten­sion car­diaque. Heureuse­ment, il s’ag­it d’une mal­adie rare qui touche 1 à 2 per­son­nes par mil­lion d’habi­tants chaque année.

La FPI est la mal­adie pul­monaire la plus courante, avec une inci­dence estimée de 2 à 29 cas pour 100 000 per­son­nes par an. Il s’ag­it d’un épais­sisse­ment, d’un dur­cisse­ment et d’une cica­tri­sa­tion (fibrose) chroniques et répétés des poumons.

L’é­ti­olo­gie des deux mal­adies n’est sou­vent pas claire, et les médecins et les chercheurs ne com­pren­nent pas entière­ment pourquoi ces mal­adies se dévelop­pent et progressent.

Les deux mal­adies sont incur­ables et s’ag­gravent sou­vent avec le temps mal­gré les meilleurs traite­ments. Actuelle­ment, il existe peu de traite­ments effi­caces et leur décou­verte est d’un intérêt constant.

L’u­til­i­sa­tion du sildé­nafil dans l’H­TAP est main­tenant bien établie, effi­cace et approu­vée au Cana­da. Plusieurs essais clin­iques ran­domisés et con­trôlés de haute qual­ité ont démon­tré son effi­cac­ité pour amélior­er la capac­ité d’ex­er­ci­ce et le fardeau des symptômes.

Le sildé­nafil est sou­vent appelé Reva­tio (plutôt que Via­gra pour la dys­fonc­tion érec­tile) dans l’H­TAP, mais il y a une dif­férence entre Via­gra et Reva­tio, sauf que les patients pren­nent sou­vent Reva­tio trois fois par jour à petites dos­es. Le Via­gra, par exem­ple, ne fait pas de différence.

L’ar­ti­cle que nous avons pub­lié récem­ment intè­gre les don­nées probantes con­cer­nant les traite­ments mul­ti­ples de l’H­TAP. Les résul­tats ont exam­iné l’as­so­ci­a­tion de médica­ments de la même classe, comme le sildé­nafil, le tadalafil (nom com­mer­cial Cialis) et le vardé­nafil (nom com­mer­cial Lev­i­t­ra), avec d’autres médica­ments couram­ment util­isés dans l’HTAP.

Les résul­tats ont mon­tré une réduc­tion de 12,7 % des événe­ments clin­iques indésir­ables tels que la pro­gres­sion de la mal­adie et l’hos­pi­tal­i­sa­tion par rap­port au place­bo. En out­re, l’indice de per­for­mance à l’ef­fort mesuré par le test de marche de 6 min­utes s’est amélioré de près de 50m.

L’u­til­i­sa­tion du sildé­nafil dans la FPI est moins cer­taine car peu d’es­sais con­trôlés ran­domisés, l’é­talon-or des preuves, ont été menés.

Seuls qua­tre essais ont été envis­agés pour l’u­til­i­sa­tion dans la FPI. Ce petit nom­bre de méta-analy­ses s’ap­proche de la sig­ni­fi­ca­tion sta­tis­tique, ce qui sug­gère que les effets devien­dront appar­ents à mesure que d’autres essais seront réalisés.

Les dernières direc­tives de l’Eu­ro­pean Res­pi­ra­to­ry Society/American Tho­racic Soci­ety trai­tant de cette ques­tion recom­man­dent de ne pas utilis­er le sildé­nafil dans la FPI en rai­son du manque de données.

Récem­ment, cepen­dant, un médica­ment ayant un effet sim­i­laire à celui du sildé­nafil (le trépros­tinil) s’est révélé promet­teur pour les patients atteints de pneu­mopathie inter­sti­tielle (un terme générique pour les mal­adies pul­monaires dont la FPI) et d’hy­per­ten­sion pul­monaire. Le plus grand béné­fice a été observé chez les patients diag­nos­tiqués avec une mal­adie pul­monaire interstitielle.

Cela démon­tre une fois de plus la promesse d’a­gents comme le sildé­nafil et de mécan­ismes vasodi­lata­teurs sim­i­laires dans le traite­ment de la FPI.

Pour les mal­adies réfrac­taires comme l’H­TAP et la FPI, il y a des avan­tages à réu­tilis­er des médica­ments comme le sildénafil.

D’un autre côté, le développe­ment de nou­veaux médica­ments est très coû­teux. D’autre part, lorsqu’il s’ag­it de la sécu­rité des nou­veaux médica­ments, comme le Via­gra, qui est large­ment util­isé, son pro­fil d’ef­fets sec­ondaires est bien con­nu dans la com­mu­nauté médicale.

Par exem­ple, le sildé­nafil est con­nu pour faire baiss­er la ten­sion artérielle et doit être évité par les per­son­nes sujettes à l’hy­poten­sion ou qui pren­nent cer­tains médica­ments anti­hy­per­tenseurs. Les autres effets sec­ondaires courants sont les bouf­fées de chaleur, les maux de tête et les mod­i­fi­ca­tions de la vision.

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