SCIENCE: ATTENTION ATTAQUE
des insectes envahissants devraient tuer 1,4 million d’arbres à travers les États-Unis au cours des 30 prochaines années.

Le prin­ci­pal respon­s­able de cette dévas­ta­tion est l’a­grile du frêne (Agrilus pla­nipen­nis), qui serait respon­s­able de 90 % de ces 1,4 mil­lion d’ar­bres morts. Le coléop­tère pour­rait anéan­tir les frênes dans plus de 6 000 zones urbaines, selon une nou­velle étude.

Le coût de rem­place­ment des arbres et les dom­mages asso­ciés pour­raient s’élever jusqu’à 30 mil­lions de dol­lars par an en moyenne. Si davan­tage d’e­spèces envahissantes pou­vaient s’in­staller aux États-Unis, ce chiffre pour­rait rapi­de­ment attein­dre des mil­liards de dol­lars avant 2050.

“Ces résul­tats peu­vent, espérons-le, fournir une mise en garde con­tre la plan­ta­tion d’une seule espèce d’ar­bre dans des villes entières, comme cela a été fait avec les frênes en Amérique du Nord”, déclare l’é­col­o­giste infor­ma­tique Emma Hud­gins, de l’U­ni­ver­sité McGill au Canada.

Les esti­ma­tions qui don­nent à réfléchir ont été faites à par­tir de don­nées recueil­lies dans env­i­ron 30 000 zones urbaines aux États-Unis. Des mod­èles de pop­u­la­tions d’ar­bres ont ensuite été com­binés avec des prévi­sions de prop­a­ga­tion de 57 espèces envahissantes différentes.

Des points chauds – dont New York, Chica­go et Mil­wau­kee – ont été iden­ti­fiés dans le rap­port en rai­son de leur nom­bre élevé de frênes et parce qu’ils se trou­vent sur la tra­jec­toire récente ou proche de l’a­grile du frêne. Selon l’é­tude, moins d’un quart des com­mu­nautés améri­caines pren­dront 95% des espèces envahissantes touchées par les arbres.

Une par­tie du prob­lème est le manque de var­iété en ter­mes d’e­spèces d’ar­bres dans les zones urbaines, comme le mon­tre les con­cen­tra­tions de frênes. Un plus grand nom­bre d’e­spèces sig­ni­fie une plus grande résilience face à des men­aces telles que l’a­grile du frêne.

Les agriles du frêne lais­sent der­rière eux une traînée de destruc­tion ven­teuse.
Les agriles du frêne lais­sent der­rière eux une traînée de destruc­tion ven­teuse. (corfoto/E+/Getty Images)

“De nom­breuses zones urbaines sont dom­inées par une seule espèce ou un seul genre d’ar­bre, ce qui sig­ni­fie qu’un insecte nou­velle­ment arrivé pour lequel ces arbres sont un hôte peut se propager facile­ment”, explique l’é­col­o­giste Frank Koch de la sta­tion de recherche sud du Ser­vice foresti­er de l’USDA.

“En plus de cela, il y a générale­ment moins de pré­da­teurs naturels et des tem­péra­tures plus chaudes par rap­port aux forêts naturelles voisines, ce qui peut favoris­er le développe­ment d’in­sectes envahissants.”

Les chercheurs ont égale­ment pris en compte l’ef­fet poten­tiel d’e­spèces d’in­sectes qui ne sont pas encore arrivées aux États-Unis, notam­ment le longi­corne des agrumes (Anoplopho­ra chi­nen­sis), une créa­ture con­nue pour tuer de nom­breux types d’ar­bres feuillus.

Mal­gré le ter­ri­ble aver­tisse­ment, l’équipe à l’o­rig­ine de l’é­tude espère qu’elle pour­ra aider les ges­tion­naires d’ar­bres urbains à plan­i­fi­er à l’a­vance et à empêch­er que le même type de dom­mages coû­teux ne soit causé dans d’autres pays.

Nous savons que les arbres urbains sont impor­tants pour garder les villes fraîch­es, stim­uler la bio­di­ver­sité et même ren­dre les gens plus heureux. Dans cette optique, il est vital que ces poches de nature dans nos villes puis­sent s’é­panouir et rester en bonne santé.

“Étant don­né qu’un cer­tain nom­bre de pays européens sont déjà con­fron­tés au dépérisse­ment du frêne, il est extrême­ment impor­tant d’empêcher la prop­a­ga­tion de l’a­grile du frêne en Europe”, déclare Koch. “Espérons que les leçons appris­es de l’Amérique du Nord seront utiles en Europe.”

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