SCIENCE: Des scientifiques découvrent des traces d’une ancienne culture humaine d’il y a 40 000 ans en Chine.

Les sci­en­tifiques ont décou­vert des ves­tiges d’une cul­ture de l’âge de pierre, à moins de 160 kilo­mètres à l’ouest de Pékin, où d’an­ciens hominidés util­i­saient un pig­ment rougeâtre appelé ocre et fab­ri­quaient de minus­cules out­ils en forme de lame en pierre.

Le site archéologique, appelé Xiam­abei, offre un rare aperçu de la vie d’Ho­mo sapi­ens et de par­ents humains aujour­d’hui dis­parus qui habitaient la région il y a env­i­ron 40 000 ans.

Le site nou­velle­ment fouil­lé se trou­ve dans le bassin de Nihe­wan, une dépres­sion dans une région mon­tag­neuse du nord de la Chine. L’équipe de fouilles a trou­vé des preuves de la cul­ture à env­i­ron 2,5 mètres sous terre, lorsqu’elle a repéré une couche de sédi­ments limoneux som­bres datant d’il y a entre 41 000 et 39 000 ans, sur la base d’une data­tion au radio­car­bone et d’autres analyses.

Ce sédi­ment de l’âge de pierre con­te­nait un tré­sor d’arte­facts et de restes d’an­i­maux, dont plus de 430 os de mam­mifères ; un foy­er; des preuves matérielles de l’u­til­i­sa­tion et de la trans­for­ma­tion de l’ocre ; un out­il en os; et plus de 380 lithiques minia­tur­isés, ou petits out­ils et arte­facts en pierre tail­lée ou meulée.

“Les restes sem­blaient être à leur emplace­ment d’o­rig­ine après l’a­ban­don du site par les habi­tants”, a déclaré à Live Sci­ence la co-pre­mière auteur Shix­ia Yang, chercheuse à l’A­cadémie chi­noise des sci­ences et à l’In­sti­tut Max Planck pour la sci­ence de l’his­toire humaine. dans un e‑mail.

“Sur cette base, nous pou­vons révéler une image vivante de la façon dont les gens vivaient il y a 40 000 ans en Asie de l’Est.”

L’i­den­ti­fi­ca­tion d’une couche de sédi­ments vieille de 40 000 ans parsemée de tels arte­facts a été “une sur­prise”, a déclaré le co-auteur Francesco d’Er­ri­co, directeur de recherche au CNRS à l’u­ni­ver­sité de Bor­deaux et pro­fesseur à l’u­ni­ver­sité de Bergen, à Live Sci­ence dans un e‑mail.

Notam­ment, “il s’ag­it du plus ancien ate­lier d’ocre con­nu pour l’Asie de l’Est”, et la col­lec­tion de minus­cules out­ils en pierre sug­gère que les fab­ri­cants ont prob­a­ble­ment pro­duit et util­isé des kits d’outils spé­cial­isés, a‑t-il déclaré.

Yang, d’Er­ri­co et leurs col­lègues ont pub­lié un rap­port sur le site et les arte­facts mer­cre­di 2 mars dans la revue Nature.

La preuve du traite­ment de l’ocre à Xiam­abei com­prend deux morceaux d’ocre avec des com­po­si­tions minérales légère­ment dif­férentes, ain­si qu’une dalle de cal­caire allongée avec des zones lis­sées col­orées avec le pig­ment cramoisi. L’équipe a trou­vé ces arte­facts à prox­im­ité les uns des autres, reposant sur une zone de sédi­ments rougis.

“Je ne pense pas que quiconque devrait trou­ver choquant que les habi­tants de ce qui est aujour­d’hui le nord de la Chine [il y a 40 000 ans] ramas­saient et util­i­saient de l’ocre”, car, en général, les humains et leurs proches util­i­saient le pig­ment depuis de nom­breuses années à ce point, a déclaré Andrew M. Zip­kin, pro­fesseur adjoint à la School of Human Evo­lu­tion and Social Change de l’Ari­zona State Uni­ver­si­ty et chercheur asso­cié aux lab­o­ra­toires Eurofins EAG, qui n’a pas par­ticipé à l’étude.

“Les arte­facts d’ocre dans cette étude sont assez lim­ités en nom­bre, mais je serais ravi de voir un tra­vail de suivi sur eux qui cherche à iden­ti­fi­er où l’ocre a été col­lec­té”, a déclaré Zip­kin à Live Sci­ence dans un e‑mail.

Con­cer­nant la nou­velle étude, “pour moi, l’élé­ment impor­tant ici n’est pas l’ocre en soi, mais sa présence dans le cadre d’une suite de tech­nolo­gies et de com­porte­ments”, a‑t-il déclaré.

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