SCIENCE: Un scientifique explique comment une tempête solaire peut facilement détruire des satellites.

Le 4 févri­er 2022, SpaceX a lancé 49 satel­lites dans le cadre du pro­jet Inter­net Star­link d’Elon Musk, dont la plu­part ont brûlé dans l’at­mo­sphère quelques jours plus tard. La cause de cet échec de plus de 50 mil­lions de dol­lars améri­cains était une tem­pête géo­mag­né­tique causée par le Soleil.

Les tem­pêtes géo­mag­né­tiques se pro­duisent lorsque la météo spa­tiale frappe et inter­ag­it avec la Terre. La météo spa­tiale est causée par des fluc­tu­a­tions à l’in­térieur du Soleil qui propulsent des élec­trons, des pro­tons et d’autres par­tic­ules dans l’espace.

J’é­tudie les dan­gers que la météo spa­tiale pose aux act­ifs spa­ti­aux et com­ment les sci­en­tifiques peu­vent amélior­er les mod­èles et la prévi­sion de la météo spa­tiale pour se pro­téger con­tre ces dangers.

Lorsque la météo spa­tiale atteint la Terre, elle déclenche de nom­breux proces­sus com­pliqués qui peu­vent causer beau­coup de prob­lèmes à tout ce qui se trou­ve en orbite. Et des ingénieurs comme moi tra­vail­lent pour mieux com­pren­dre ces risques et défendre les satel­lites con­tre eux.

Qu’est-ce qui cause la météo spa­tiale?
Le Soleil libère tou­jours une quan­tité con­stante de par­tic­ules chargées dans l’e­space. C’est ce qu’on appelle le vent solaire. Le vent solaire emporte égale­ment avec lui le champ mag­né­tique solaire.

Par­fois, des fluc­tu­a­tions local­isées sur le Soleil propulseront des rafales de par­tic­ules inhab­ituelle­ment fortes dans une direc­tion par­ti­c­ulière. Si la Terre se trou­ve sur la tra­jec­toire du vent solaire ren­for­cé généré par l’un de ces événe­ments et est touchée, vous obtenez une tem­pête géomagnétique.

Les deux caus­es les plus courantes d’or­ages géo­mag­né­tiques sont les éjec­tions de masse coro­nale — des explo­sions de plas­ma de la sur­face du Soleil — et le vent solaire qui s’échappe par les trous coro­naux — des points de faible den­sité dans l’at­mo­sphère externe du Soleil.

La vitesse à laque­lle le plas­ma éjec­té ou le vent solaire arrive sur Terre est un fac­teur impor­tant — plus la vitesse est rapi­de, plus la tem­pête géo­mag­né­tique est forte. Nor­male­ment, le vent solaire se déplace à env­i­ron 900 000 mph (1,4 mil­lion de km/h). Mais de forts événe­ments solaires peu­vent libér­er des vents jusqu’à cinq fois plus rapides.

La plus forte tem­pête géo­mag­né­tique jamais enreg­istrée a été causée par une éjec­tion de masse coro­nale en sep­tem­bre 1859. Lorsque la masse de par­tic­ules a frap­pé la Terre, elles ont provo­qué des surten­sions élec­triques dans les lignes télé­graphiques qui ont choqué les opéra­teurs et, dans cer­tains cas extrêmes, ont en fait mis le feu aux instru­ments télégraphiques.

Les recherch­es sug­gèrent que si une tem­pête géo­mag­né­tique de cette ampleur frap­pait la Terre aujour­d’hui, elle causerait env­i­ron 2 000 mil­liards de dol­lars de dégâts.

Les émis­sions du Soleil, y com­pris le vent solaire, seraient incroy­able­ment dan­gereuses pour toute forme de vie assez malchanceuse pour y être directe­ment exposée. Heureuse­ment, le champ mag­né­tique ter­restre fait beau­coup pour pro­téger l’humanité.

La pre­mière chose que le vent solaire frappe en s’ap­prochant de la Terre est la mag­né­tosphère. Cette région entourant l’at­mo­sphère ter­restre est rem­plie de plas­ma com­posé d’élec­trons et d’ions. Il est dom­iné par le puis­sant champ mag­né­tique de la planète. Lorsque le vent solaire frappe la mag­né­tosphère, il trans­fère de la masse, de l’én­ergie et de la quan­tité de mou­ve­ment dans cette couche.

La mag­né­tosphère peut absorber la majeure par­tie de l’én­ergie du niveau quo­ti­di­en du vent solaire. Mais lors de fortes tem­pêtes, il peut être sur­chargé et trans­fér­er l’én­ergie excé­den­taire vers les couch­es supérieures de l’at­mo­sphère ter­restre près des pôles. Cette redi­rec­tion de l’én­ergie vers les pôles est à l’o­rig­ine de fan­tas­tiques événe­ments d’au­rores boréales, mais elle provoque égale­ment des change­ments dans la haute atmo­sphère qui peu­vent nuire aux act­ifs spatiaux.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*