SCIENCE: Une étude a révélé l’année de l’accélération effective de l’élévation du niveau de la mer.

Une analyse glob­ale du niveau de la mer au cours des 2 000 dernières années a révélé un taux d’aug­men­ta­tion rapi­de con­forme à la révo­lu­tion industrielle.

En 1863, les chercheurs ont décou­vert que le taux d’élé­va­tion du niveau de la mer avait claire­ment dépassé la vari­abil­ité de fond. Sans sur­prise, c’est à cette époque que les pre­miers indices de réchauf­fe­ment des océans et de fonte des glac­i­ers dus à l’ac­tiv­ité humaine appa­rais­sent égale­ment dans la recherche, et ces deux fac­teurs sont con­nus pour con­tribuer à la mon­tée des mers.

Pen­dant 1 700 ans (à par­tir de 0 CE), l’analyse actuelle a révélé que le niveau mon­di­al de la mer a fluc­tué entre une baisse de 0,3 mil­limètre et une aug­men­ta­tion de 0,2 mm.

Entre 1700 et 1760, juste avant la révo­lu­tion indus­trielle et le début de la com­bus­tion général­isée des com­bustibles fos­siles, le niveau de la mer dimin­u­ait de 0,1 mil­limètre par an.

Mais de 1940 à 2000, le niveau mon­di­al de la mer avait atteint une aug­men­ta­tion de 1,4 mil­limètre par an.

“Con­for­mé­ment aux analy­ses antérieures, il est pra­tique­ment cer­tain que le taux de crois­sance glob­al à par­tir de l’in­ter­valle de 60 ans le plus récent, 1940–2000 CE, était plus rapi­de que tous les inter­valles de 60 ans précé­dents pen­dant l’ère com­mune”, écrivent les auteurs.

Ce n’est pas la pre­mière analyse à essay­er de met­tre une date d’ ”émer­gence” sur l’élé­va­tion du niveau de la mer, mais c’est l’une des pre­mières à com­par­er simul­tané­ment des sites indi­vidu­els dans cer­taines régions à un sig­nal global.

Selon une chronolo­gie des don­nées instru­men­tales et indi­rectes pub­liées – des choses comme les foraminifères, les diatomées, les preuves archéologiques et la géochimie des sédi­ments – dans tout l’At­lan­tique Nord, cer­taines par­ties de cet océan ont mon­tré des signes d’élé­va­tion sig­ni­fica­tive du niveau de la mer plus tôt que d’autres.

Dans la région médio-atlan­tique, par exem­ple, le niveau de la mer a com­mencé à mon­ter entre le milieu et la fin du XIXe siè­cle. Mais selon les don­nées des côtes atlan­tiques du Cana­da et de l’Eu­rope, le taux d’élé­va­tion du niveau de la mer ne se démar­que qu’au milieu du XXe siècle.

“Le fait que des taux mod­ernes émer­gent sur tous nos sites d’é­tude au milieu du 20e siè­cle démon­tre l’in­flu­ence sig­ni­fica­tive de l’élé­va­tion mon­di­ale du niveau de la mer sur notre planète au cours du siè­cle dernier”, déclare la sci­en­tifique envi­ron­nemen­tale Jen­nifer Walk­er de l’U­ni­ver­sité Rutgers.

“Une analyse plus appro­fondie de la vari­abil­ité spa­tiale du moment de l’émer­gence à dif­férents endroits con­tin­uera d’amélior­er la com­préhen­sion de la société sur l’im­pact des proces­sus régionaux et locaux sur les taux d’élé­va­tion du niveau de la mer.”

Les esti­ma­tions mon­di­ales précé­dentes ont égale­ment trou­vé une accéléra­tion sig­ni­fica­tive du niveau de la mer à par­tir du 19ème siè­cle. Et le dernier rap­port du Groupe d’ex­perts inter­gou­verne­men­tal sur l’évo­lu­tion du cli­mat (GIEC) révèle une aug­men­ta­tion soutenue entre 1820 et 1860.

Mais la nou­velle recherche est inquié­tante car elle révèle une élé­va­tion sans précé­dent du niveau de la mer d’une région à l’autre, de l’autre côté de l’Atlantique.

Le niveau de la mer est sur le point d’aug­menter plus rapi­de­ment que jamais au cours du prochain siè­cle, et nous devons savoir ce qui se dirige vers les côtes du monde, afin que nous puis­sions tra­vailler pour atténuer les effets autant que possible.

L’é­tude a été pub­liée dans Nature Communications.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*